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Les abeilles, témoins du bon état de notre environnement, disparaissent massivement

79 990 lectures / 96 commentaires31 août 2007 ; révision : 30 avril 2013, 16 h 27

abeilles© C. Magdelaine / notre-planete.info

Les abeilles, piliers de la pollinisation et donc de la présence des fleurs, fruits et légumes disparaissent massivement dans de nombreuses régions du monde, laissant perplexes les scientifiques qui ne manquent toutefois pas d’arguments puisés notamment dans la pression insoutenable des activités humaines sur l’environnement.

C’est en France, en 1994 que des apiculteurs ont lancé les premières alertes : durant l’été, de nombreuses abeilles ne revenaient plus dans les ruches, laissant derrière elles la reine et quelques jeunes.. Les abeilles étaient retrouvées mortes sur le sol, en petits groupes ou volaient désorientées devant la ruche avec des comportements alimentaires anormaux.

L’état de la filière apicole française est désastreux : en 2012, par rapport à 2004, le nombre d’apiculteurs a baissé de 40 %, le nombre de ruches de 20 % et la production de 28 %, selon l’Audit économique de la filière apicole française, commandité en 2011 par FranceAgriMer.

Ce phénomène s’est ensuite propagé à d’autres pays européens et notamment aux Etats-Unis où à l’automne 2006, les abeilles ont commencé à disparaître de manière inquiétante avec plus de la moitié des états touchés et des pertes de population comprises entre 30 % et 90 %. Le « syndrome d’effondrement des colonies » (« colony collapse disorder » ou CCD) était né.

Malheureusement, loin de rester localisées, ces mortalités massives ne cessent de s’intensifier dans de nombreux pays : Grande-Bretagne, Belgique, Italie, Allemagne, Suisse, Espagne, Grèce, Pologne, Pays-Bas… depuis le début des années 2000. Là aussi, certaines colonies d’abeilles perdent jusqu’à 90% de leurs population…
Par exemple, en Italie, de nombreuses ruches sont restées désespérément vides selon rancesco Panella, président du Syndicat des apiculteurs professionnels italiens, du jamais vu… En Grande-Bretagne, le plus important apiculteur a perdu plus de la moitié de ses ruches, sans qu’une confirmation du phénomène n’ait été donnée pour l’ensemble du pays.
Dans de nombreuses régions du monde, les populations d’abeilles sont en fort déclin, avec des variabilités suivant les années, mais la tendance est lourde et inquiétante depuis quelques années.

Des conséquences lourdes pour la reproduction des plantes à fleurs

Les conséquences sont désastreuses pour la pollinisation[1] qui permet, depuis des millions d’années, d’assurer la reproduction de 70 à 80 % des plantes à fleurs dans le monde. Par ailleurs, plus de 70 % des cultures, dont presque tous les fruitiers, légumes, oléagineux et protéagineux, épices, café et cacao, soit 35 % du tonnage de ce que nous mangeons, dépendent fortement ou totalement d’une pollinisation animale. Cette dépendance existe pour la production de fruits (tomates, courges, arbres fruitiers…) et pour la production de graines (carottes, oignons…)[2].
Les fameux aliments conseillés par tous les nutritionnistes… D’ailleurs, dans certaines régions du monde comme au Sichuan (Chine), la disparition d’insectes pollinisateurs oblige les agriculteurs à polliniser manuellement, tous les insectes pollinisateurs ont été décimés par les pesticides

Extrait du film « Le silence des abeilles » de Doug Shultz (2007) diffusé sur « National Géographic » (2008). Au Sichuan, des centaines d’ouvriers agricoles sont obligés de féconder eux-mêmes les fleurs des poiriers.

Les différentes causes de la disparition des abeilles

Les chercheurs et les apiculteurs avancent de nombreuses hypothèses car aucune cause principale n’a encore été clairement identifiée, ce qui laisse perplexe les spécialistes sur la question. Toutes les pressions sur l’écosystème et la santé des abeilles sont passées en revue : OGM, ondes électromagnétiques, pesticides, pollutions, changement climatique, raréfaction des fleurs, virus, maladies, parasites, champignons…
Depuis l’antiquité l’Homme a domestiqué les abeilles pour en récolter le précieux miel mais depuis quelques années, les sources de dégradation de leur environnement et les atteintes à leur santé sont telles qu’il pourrait s’agir d’une combinaison de facteurs qui surpassent la capacité de résistance des abeilles. Dans un article du journal Le Monde du 29 août, M. Neumann, explique ainsi : « on peut supporter séparément une maladie, une mauvaise alimentation, un empoisonnement aux pesticides, mais quand tous les facteurs se conjuguent, il arrive un moment où la limite de résistance est atteinte« . Or l’abeille est un excellent témoin de la qualité de l’environnement dans lequel elle évolue…

Les pesticides

Au niveau des pesticides, bien que les quantités épandues soient beaucoup plus faibles qu’avant, les principes actifs sont bien plus puissants. Or, depuis près de 50 ans, les pesticides touchent tous les pays et les capacités de production des pays en voie de développement sont en pleine expansion : la contamination est planétaire. Aux Etats-Unis, par exemple, les pesticides sont responsables de la destruction de milliers de colonies d’abeilles chaque année.

L’insecticide Gaucho dont la substance active est l’imidaclopride a été rapidement incriminé. Ce pesticide, utilisé en enrobage de semences (maïs, orge, blé) et dorénavant interdit sur les graines de tournesol depuis 1999 et de maïs depuis 2004.

L’insecticide Régent (dont la substance active est le fipronil) a été suspendu début 2004 en France sur toutes les cultures mais autorisé en 2005 aux Etats-Unis.

L’insecticide Cruiser (substances actives : thiaméthoxam, fludioxonil et métalaxyl-M) a également été interdit en France mi-2012. En effet, une étude de fin mars 2012 de l’INRA a démontré que, même à une dose non létale, les abeilles sont mortellement désorientées par cet insecticide.

Malgré ces interdictions et une diminution du taux de mortalité des abeilles, les récoltes de miel se sont effondrées en France. En Le Réseau Biodiversité pour les Abeilles, nous a indiqué qu’il est important que « l’usage des pesticides, agricoles comme apicoles, soit réglementé et encadré, afin que les utilisateurs respectent les doses, usages et conditions d’emploi préconisées pour la sécurité des hommes et de l’environnement. C’est cette bonne gestion des pratiques, agricoles comme apicoles, couplée à une réflexion intelligente sur l’environnement de l’abeille, qui permettrait la diminution des surmortalités d’abeilles constatées jusqu’ici. »

Les parasites

Des parasites existent comme le champignon unicellulaire Nosema ceranae ou l’acarien Varroa destructor ou « vampire de l’abeille » importé involontairement en France depuis le début des années 1980 : à la manière d’un moustique, celui-ci suce l’hémolymphe des abeilles, l’équivalent du sang. Il faut alors traiter les ruches avec un acaricide qui, mal dosé, entraîne la mort des abeilles… Ce parasite retient pour le moment l’attention des spécialistes qui pensent qu’il pourrait jouer un rôle important dans ce déclin.

Les champs électromagnétiques

Quelques études montrent un lien entre les ondes électromagnétiques et la perturbation des abeilles, les téléphones potables et les multiples antennes relais, les lignes à haute tension pourraient donc participer au déclin des abeilles.

Les OGM

Les OGM jouent également un rôle néfaste parce qu’ils contiennent des insecticides. Bien qu’ils soient dédiés à la lutte contre les papillons, les mites et les coléoptères, ils ont certains effets néfastes sur les abeilles. Cependant, en Europe, il y a encore peu de champs cultivés avec des OGM, par rapport aux Etats-Unis, au Brésil ou à l’Inde, mais cela ne pourrait pas durer…

Le frelon asiatique

Selon les scientifiques et les acteurs du monde apicole, le frelon asiatique cause des dommages importants sur les populations d’abeilles et participe ainsi au phénomène d’effondrement des colonies d’abeilles observé dans les ruches depuis plusieurs années.
En effet, les frelons sont de redoutables prédateurs d’insectes (guêpes, mouches…) et notamment d’abeilles.

Début octobre 2012, le gouvernement français a proposé son classement en espèce exotique envahissante et nuisible à l’apiculture. Ils répondent ainsi en outre aux attentes légitimes des associations d’apiculteurs qui ont formulé cette demande depuis plusieurs années. Le classement d’une espèce comme espèce exotique envahissante et comme danger sanitaire permet l’élaboration et la mise en oeuvre de programmes de lutte obligatoire au niveau national et départemental.

Le changement climatique

Le climat, plus instable et moins prévisible avec les changements climatiques en cours, affecte également les abeilles notamment avec les extrêmes météorologiques de plus en plus fréquents.

L’érosion des espaces naturels

La perte d’espaces naturels dans la plupart des régions du monde est également alarmante. Les prairies naturelles sont de plus en plus rares, cédant leurs places à une agriculture intensive particulièrement pauvre du point de vue de la biodiversité. Ainsi, les ressources alimentaires des abeilles se sont fortement appauvries, or le pollen demeure leur unique source de protéines. Même les particuliers dans leurs jardins favorisent trop souvent la pelouse et les pesticides aux multiples fleurs qui poussent spontanément.

Les autres insectes pollinisateurs sont également en voie de disparition

Enfin, les autres pollinisateurs sont également affectés par ce phénomène : « on a toutes les raisons de penser que quand l’abeille domestique a des soucis, c’est pire pour les espèces sauvages, car la colonie a un effet protecteur« , explique Bernard Vaissière directeur du laboratoire de pollinisation entomophile à l’INRA d’Avignon.

En Europe, un groupe de travail européen sur la prévention des mortalités d’abeilles a été mis en place, coordonné par le centre Agroscope Liebefeld-Posieux à Berne (Suisse) qui estimait fin août 2007 que le phénomène devenait plus fréquent, et qu’il prenait « des proportions plus importantes ».

Même si le mystère reste entier, lorsque les sentinelles du bon état de l’environnement viennent à disparaître, cela ne devrait laisser personne indifférent. En effet, ce syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles ne présage rien de bon pour les autres espèces, y compris l’Homme…

Notes
  1. La pollinisation désigne l’ensemble des mécanismes par lesquels le pollen provenant de l’organe mâle d’une fleur (étamine) est acheminé vers l’organe femelle (pistil) d’une autre fleur. Ce pollen permet la fécondation d’un ovule puis la formation d’un fruit contenant des graines. C’est le mode de reproduction sexuée des végétaux. Et les pollinisateurs – majoritairement des insectes (abeilles, bourdons, papillons, mouches…) – en sont les principaux acteurs.
  2. Certaines cultures ne dépendent pas des insectes, en particulier le blé, le maïs et le riz puisque la pollinisation de ces espèces est assurée par le vent.
Sources
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POUR TOI, MA DESCENDANCE

Publié par astrovie le 3 mai 2013

Publié dans: humanitaire. Poster un commentaire

«Voici un texte écrit par mon garçon Michaël, pour un travail au Cégep, qui amène à une grande réflexion»

Pour toi, ma descendance,

Il y a de forte chance que tu ne me connaisses pas ou que cette lettre ne te parvienne jamais, mais tu dois savoir qu’à l’époque où j’écris ces quelques lignes, je pense à toi qui n’existe pas encore. Peut-être ne verras- tu jamais le jour? Peut-être ton existence n’aura été qu’un songe merveilleux, abandonnée d’un couple, jadis amoureux. J’ose croire que non, car si tel est le cas, mes prédictions auront eu lieu. À qui lira cette lettre, vous devez savoir qu’elle était adressée à mon arrière-petit-fils ou à mon arrière-petite-fille et que s’il reste une trace de ma descendance quelque part, ces précieuses pages doivent immédiatement leur être rendues. Si vous ne le faites pas, lisez attentivement chaque mot et faites en l’interprétation que vous voulez. La simplicité du message qu’elles contiennent n’est nul autre que l’héritage d’une génération passé. Ces paroles ne devraient être perdues, mais plutôt partagées. Elles n’auront pas la prétention de donner réponse à tout. En réalité, elles n’en donneront aucune qui ne soulèvera pas de nouvelles questions. J’aimerais seulement qu’elle puisse aider à avancer. Maintenant, au plus profond de ma chair, j’espère sincèrement que tu lises ces quelques mots, toi ma descendance, homme ou femme, pour que l’espace d’un instant je puisse renaître des abîmes de tes pensées et peut-être continuer enfin d’y exister.

Il était tard, tard dans ma vie, la première fois que j’ai eu le courage de m’observer dans une glace. Je ne l’aurais pas fait si je n’avais pas constaté à quel point je me sentais triste et abandonné. J’endurais mes 25 ans et je ne croyais plus en rien. J’observais les autres vivres, mais moi, je vivais en transparence. J’étais comme un acétate vide dans lequel on attend juste le moment de pouvoir y insérer l’image d’une idée, bonne ou mauvaise, et qui aurait pour but de définir son existence à tout jamais. J’étais là, immobile face à moi, seul, contre moi. Le regard plongé dans cet homme que je connaissais si maladroitement, mais qui pourtant me ressemblait en tout point de vue. Plus je le fixais, plus il se transformait en quelqu’un que je ne connaissais pas du tout. Son visage se déformait peu à peu comme une tache d’huile qu’on aurait laissée briller au soleil pendant des heures. Qu’avais-je donc fait pour perdre tout contact avec moi-même? Avec mes buts et mes rêves? En avais-je déjà eu où s’étaient ceux de quelqu’un d’autre? La personne qui était en face de moi ressemblerait-elle à mon fils? Est-ce que j’aurai un fils? Soudainement, j’ai eu honte et peur de mes pensées. J’ai reçu la déflagration en plein cœur de ce que je venais de comprendre. J’enviais les autres pour ce qu’ils ne possédaient peut-être même pas. En quoi était-ce possible? La réponse, il m’a fallu des jours avant de la trouver. En fait, j’avais compris que le monde au tour de nous et la société dans laquelle nous vivions tentaient de standardiser nos vies. On essayait de nous implanter des idées préconçues de vie simple et paisible en famille, ou seul la joie émanait. En réalité, plus de la moitié des gens que je connaissais à cette époque avaient auparavant été des couples. Leurs relations avaient fini sur une mauvaise note et la plupart du temps ils avaient laissé un enfant ou deux à la traine derrière leurs nombreux problèmes amoureux. Des enfants qu’on traiterait comme des boulets une partie de leurs existences parce que les élever de façon solitaire demanderait trop de temps et d’efforts. Des enfants qu’on préfèrerait donner à qui veux bien les prendre pour quelques heures, parce qu’ils étaient trop turbulents une journée et qu’on voulait faire la grâce matinée. Étions-nous rendues si égoïstes que même nos propres enfants ne pourraient plus bénéficier de ces grains de sable qui s’écoulent lentement du sablier qui raconte la chaleur de nos vies? Voulais-je un enfant parce que j’avais besoin de me retrouver en quelqu’un? Étais-je capable de lui apporter l’amour nécessaire à son épanouissement? Cet enfant que j’aurais, deviendrait-il encore plus égoïste que moi? Ce rêve, ce n’était pas le mien, mais celui des murmures soufflés par les silhouettes que j’observais. C’est facile de regarder, mais souvent on ne voit rien. On avale les idées des autres comme si s’était des régimes miracles, mais on ne se pose pas de questions à savoir si ces concepts sont faits pour nous ou pas. Finalement, j’ai eu l’impression que tout le monde voulait aller dans la même direction, mais chacun à sa façon. Sans entraide, sans harmonie, pareille à ces couples qui ne tiennent plus la route. Plongé dans leurs regards noirs et luisants, victime de leurs propres reflets et prisonnier de ce qu’on leur a permis de croire. Nous sommes les seules responsables de l’assombrissement des cieux et du royaume des idées. Inconsciemment, nous avons créé notre malheur. Nous écoutons, mais ne comprenons rien. Nous avalons, mais ne goutons rien. Nous ne sommes préoccupés que par nous, nous seuls et nous-mêmes. Et le plus terrible dans tout ça, c’est que nous ne nous connaissons pas. Je ne me connais pas. Comment apprendre la vie à un enfant lorsque nous ne sommes mêmes plus capables d’être en relation avec nos âmes?

Je ne pourrais te dire quand nous avons perdu contact avec la réalité, mais je peux t’affirmer qu’il est impératif de le retrouver. J’ai peur pour mon monde, pour le tien. Si nous continuons ainsi, j’ai peur que tu ne puisses jamais voir le jour. Ou pire encore, que tu sois en vie, mais à ton tour assombri. J’aimerais pouvoir m’éveiller et apprendre à ton père ou ta mère comment partager une idée. Je voudrais pouvoir grandir de moi-même et ne plus être engloutie dans ce faux réconfort qui nous endort. Je veux reconnaître et connaître ce que je suis. Je veux composer mon futur et donner mon savoir à tes ancêtres pour qu’ils te l’enseignent à leurs tours. Je veux que tu te reconnaisses et que tu l’apprennes à tes enfants. Tu dois t’interroger sur ton avenir et le façonner dans tes idées. Ne sois pas hypnotisé par les conformités qu’on tente si souvent de t’administrer. Si tu les ignores, ceux qui tentent de te les imposer finiront par s’étouffer avec les cendres de leurs propres idées. Tu es maître de ta liberté et c’est à toi de la partager. Moi, je commence peut-être une nouvelle vie à tes côtés comme le spectre d’une idée, mais ici en 2013 je sors enfin de mon inutilité et j’ose, pour la première fois, engendrer l’espoir qu’un jour tu puisses exister.

 

 

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