Suite à la conversation qu’il avait eu avec son maître,
Jigme réfléchit longuement. Qu’est-ce qui l’avait fait
changé finalement ? Qu’est-ce qui l’avait apaisé ?

Il n’était pas sûr de trouver la réponse. Il pensait,
en effet, qu’on explique souvent les situations après coup,
pour créer de la rationalité… mais sans avoir la certitude
d’accéder aux vraies raisons.

Cependant, il se souvint de cette rage de dents qui l’avait
saisi un jour, alors qu’il voyageait loin du monastère.
La douleur l’avait terrassé… et comme il devait prendre
son mal en patience, il avait pris le parti d’accueillir
cette douleur au lieu de lutter contre elle.
Il l’avait apprivoisée. Et ce faisant, alors qu’il se
détendait, qu’il reprenait sa respiration, la douleur
s’était calmée.
Elle n’avait pas disparu mais elle était devenue supportable
et cette accalmie lui avait permis de reprendre ses esprits.
Il avait pu ensuite trouver un guérisseur pour apaiser son mal.

Ce dernier, en le soignant, avait dit des mots étranges…
il avait parlé d’enlever la « rage dedans ».
Jigme avait ri sans trop comprendre ce qu’il voulait dire
par-là… mais les mots avaient fait leur chemin.
Si bien qu’il avait non seulement pris l’habitude d’accueillir
les sentiments et les sensations qui le dérangeaient
mais également de chercher à comprendre à quoi cela faisait
écho en lui.
Bien souvent, il trouva de belles intentions positives sous
les émotions qu’il jugeait jusqu’alors comme négatives.

Est-ce depuis ce moment que la sérénité l’avait envahi
peu à peu ?

Il ne pouvait pas l’assurer parce que la transformation
avait été progressive mais il y avait sans aucun doute un
lien entre les deux. Il ressentait beaucoup moins le besoin
de parler sans cesse et il n’avait plus peur d’être seul.

~~~~~~~~~~~~~~~~

Comme Jigme, nous avons souvent tendance à fuir ce qui nous
fait souffrir et c’est bien naturel. Mais il arrive parfois
qu’on ne puisse pas s’échapper.
Accueillir est alors une attitude intéressante à adopter.
Cela permet d’aller débusquer, sur la pointe des pieds,
le trésor qui se cache sous le buisson d’épines.
Et de le libérer afin de déployer chaque jour un peu plus
notre personnalité profonde.

Bien amicalement,

Sylvie

Cultivatrice de Joie

PS : Si vous n’avez pas reçu la première histoire
au sujet de Jigme, n’hésitez pas à me demander de
vous la renvoyer

(c)2013 Sylvie Roche

Val d’Illiez 1873, Canton du Valais, Suisse

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