Eckhart Tolle – « La créativité »

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Eckhart Tolle-1Le sujet d’aujourd’hui semble être… la créativité. Bien sûr, on ne sait jamais ce qui va en sortir ! Il y a une dimension particulière où la créativité émerge. C’est un peu comme la mèche qui brûle, la flamme. Sa nourriture est l’huile. Pensons à une lampe à huile. Vous êtes la flamme. Ajoutons en passant que toutes les analogies sont limitées. C’est juste une approximation pour vous permettre de sentir ce qu’est cet endroit. Vous êtes donc la flamme et vous pouvez sentir le chemin jusqu’à la source même – la mèche qui vient du récipient qui contient l’huile – en vous-même. L’endroit est la source. Donc, si quelque chose est nouveau, une chose qui est créative, cette chose dégage le parfum de la source. Laissons maintenant l’image de côté.

Et d’une certaine manière, même si les humains sont encore beaucoup identifiés à leur mental, beaucoup d’entre eux sont touchés en voyant, en entendant quelque chose qui vient de ce niveau plus profond ou en étant en contact avec cela de quelque manière que ce soit. Ce peut être une oeuvre d’art, un morceau de musique, simplement quelqu’un qui s’exprime et dont la parole émane de ce niveau plus profond ou quelqu’un qui a le sens de l’humour.

Même l’humour spontané est déjà une forme de créativité : voir tout à coup quelque chose qu’on ne verrait pas normalement, un lien entre deux choses apparemment non reliées. Vous faites subitement le lien et tout le monde rit. Certaines personnes ont ça. Certaines personnes ont une fois ou l’autre un petit domaine dans lequel ils peuvent exercer leur créativité et cela peut suffire pour vous épanouir, vous apporter un revenu pour le reste de votre vie et faire de ce talent votre contribution au monde.

Par exemple, les grands comiques qui font du stand-up, qui se produisent en solo ont ce talent. Tout ce qu’ils disent n’est évidemment pas forcément spontané, mais quand ils préparent leur spectacle, ils doivent être créatifs. Je ne sais pas s’il y a quelqu’un ici qui a essayé de faire du stand-up, c’est difficile ! Beaucoup essaient. C’est dur d’être drôle. Mais certains ont le truc et c’est étonnant d’avoir ce talent !

Le sens de l’humour est quelque chose qui vient spontanément. C’est être en contact avec ce pouvoir. C’est merveilleux d’être capable d’avoir ce contact et sentir le pouvoir qui de là jaillit dans le monde. Pour ce faire, bien sûr, il vous faut une sorte de véhicule, parce que le pouvoir doit s’écouler dans une forme ou dans une autre. Vous pouvez aussi contacter cet endroit à l’intérieur sans que cela se manifeste de façon créative, parce que vous n’avez pas développé un véhicule à cette fin, peut-être pas encore.

Le pouvoir même qui engendre la créativité peut bien sûr se manifester aussi de différentes manières qui ne seraient pas considérées comme de la créativité. Cela pourrait être un pouvoir de guérison qui devient effectif quand vous entrez en relations avec les autres, de la guérison au sens large, non pas seulement la guérison physique. L’endroit même où la créativité émerge… – Si vous n’avez pas d’instrument… – Vous ne deviendrez pas du jour au lendemain un grand musicien si vous n’avez jamais touché d’instrument, même si vous contactez cet endroit en vous.

Je ne vais pas d’un coup devenir… – Sous prétexte que je peux toucher cet endroit et être contacté à cet endroit, cela ne se manifestera pas dans mon cas sous la forme d’une grande découverte scientifique. Le véhicule n’y est pas préparé ; mon mental n’y est pas préparé. Il ne fonctionne même pas de cette façon. S’attendre à ce que je suggère la théorie des champs unifiés à laquelle Einstein n’est pas parvenu… – après la théorie de la relativité, Il a essayé le reste de sa vie à la développer. Je ne vais rien proposer dans ce sens, c’est tout à fait improbable. Le véhicule n’a pas été préparé pour cela.

Je ne vais pas devenir un grand pianiste, parce que je ne sais pas jouer du piano. Aussi profond que j’aille à l’intérieur, cela ne prendra pas ce chemin. Un grand sportif ? Non. Abstraction faite de mon âge, On doit préparer le véhicule pour la créativité. J’y reviendrai peut-être dans un moment, ça pourrait être important, mais ce qui est plus important encore, c’est l’endroit, être capable d’aller à l’intérieur à cet endroit de quiétude extrêmement vivante d’où émerge la créativité. Vous pouvez aller là et s’il n’y a pas de véhicule, cela ne s’exprimera pas sous une forme de créativité, sous une forme conventionnelle de créativité, mais cela peut en fait s’exprimer sous des formes différentes.

Je viens d’en mentionner une, laquelle est une radiation dans toutes les interactions humaines, une radiation de… – c’est difficile d’expliquer, mais vous pouvez le sentir quand vous rencontrez une personne qui est présente au moment de l’interaction. Il y a une fréquence d’énergie différente qui opère et c’est de la guérison. C’est quelque chose qui est complètement sans forme et qui ne requiert donc pas un véhicule préparé antérieurement. Vous pouvez simplement être et l’être émane alors de vous. C’est excellent. C’est là ce que peut être votre contribution, où que vous soyez.

Disons que vous avez un travail relativement inintéressant, mais vous êtes en contact avec des gens. Cela s’écoulera dans ce que vous faites et imprègnera ce que vous dites ou donnez à autrui. Même si vous occupez l’emploi le plus simple, comme à un poste de péage sur un pont. Toutes les quelques secondes, une voiture s’arrête et il vous faut dire : « 2 euros, s’il vous plaît ! Merci ». Eh bien, c’est là encore une occasion que vous pourriez utiliser. J’ai vu une fois quelqu’un qui dégageait une forte présence en disant « 2 dollars » et en rendant la monnaie : « Bonne journée ». Il y avait plus que les mots, il y avait une véritable présence. Et tous les gens qui passaient près de lui étaient touchés.

Donc, où que vous soyez, vous contactez cet endroit et le rayonnement se produit Même sans véhicule, le rayonnement naturel. Ou ça pourrait être canalisé vers un véhicule particulier. Chez un scientifique, la créativité est relativement rare. La plupart des scientifiques sont des chercheurs et travaillent de façon analytique. Or, les idées créatrices proviennent toujours d’un endroit qui va au-delà de l’analyse intellectuelle, mais il faut préparer d’une manière particulière le véhicule qu’est le mental.

J’ai lu que des chercheurs avaient constaté… – Non, ils n’avaient pas vraiment atteint le niveau le plus profond, Mais ils avaient constaté que, pour parvenir à la maîtrise de quelque chose, on avait besoin de dix mille heures de pratique – c’est une moyenne – dans quelque domaine que ce soit, le sport, la science, la musique ou autres. Dix mille heures de pratique préparent le véhicule. Cela ne veut pas dire, si vous avez vos dix mille heures de pratique, que la créativité va jaillir automatiquement. Il se peut que vous continuiez simplement de pratiquer encore et encore.

Mais quand vous en êtes là, le véhicule est prêt et il arrive parfois – pour beaucoup, cela arrive sans même qu’ils en soient conscients – il arrive qu’il y ait une percée d’un niveau plus profond et ce que vous faites alors n’est pas seulement techniquement bon –certes, après dix mille heures de pratiques, on est probablement très bon au niveau technique dans ce qu’on fait, mais c’est insuffisant pour avoir la maîtrise dans n’importe quelle matière. Il y a alors la possibilité, s’il y a l’état de conscience nécessaire, une ouverture à la présence, que le véhicule soit investi de pouvoir et que cela imprègne alors ce que vous faites. Et soudainement, c’est la maîtrise.

J’ai lu dans le livre… – Je crois que le titre était « Outliers ». Il n’est pas vraiment allé au niveau le plus profond de ce qu’est la créativité en réalité. Il a seulement examiné la surface, les dix mille heures de pratique. Les Beatles disaient, par exemple, qu’ils étaient devenus… – leur âme est toujours vivante aujourd’hui, parce qu’ils avaient cette qualité de vie et quand ils jouaient dans des petits bars à Liverpool et à Hambourg… – À Hambourg, ils avaient apparemment un contrat qui les obligeait à jouer tous les jours des heures et des heures dans des petites caves à bières miteuses et des bars. De cette manière, ils ont accumulé dix mille heures de pratique. À l’époque, ils n’étaient pas encore remarquables. La percée s’est faite ensuite. Il y a dans le livre différents exemples de ce genre.

Il arrive finalement que ce que vous produisez, que ce soit de la musique, de l’art, tout autre chose, ait une qualité qui est reconnue même par les gens qui ne sont pas eux-mêmes créatifs. Quelque chose est intéressant : si vous écoutez de la musique, par exemple au restaurant… – On était au restaurant hier soir et il y avait une musique de fond bruyante comme c’est courant de nos jours et il n’y avait rien dans cette musique à quoi on aurait pu répondre. La plupart des chansons disparaissent après quelques semaines de succès et plus personne ne les écoute jamais. Très peu de morceaux de musique durent et ceux-ci sont joués un an plus tard, cinq ans plus tard, dix ans plus tard, vingt ans plus tard et les gens y sont toujours sensibles.

La même chose s’applique à beaucoup d’œuvres littéraires et autres. Un nombre colossal de livres sont publiés, un nombre colossal ! J’ai parlé à un éditeur qui m’a dit que la plupart des livres publiés restent quelques mois en librairie et disparaissent ensuite. Personne n’en entend plus jamais parler. C’est le cas pour 95 % des livres ou même plus. Et quelques livres restent, il y a une raison. Les humains reconnaissent cette qualité… Il y a une qualité qui ne peut échapper. « Qualité » est peut-être le mot important ici.

Il y a une qualité qui ne peut échapper dans ce qui émerge de cet endroit le plus profond et cette qualité est également présente dans la manière sans forme que vous manifestez… Vous n’avez pas de véhicule, vous manifestez simplement la conscience ou la présence qui apporte de la qualité dans toute relation. Maintenant, il faut que vous ayez un ressenti de ce qu’est cette qualité plutôt que d’essayer de la comprendre par le biais de l’intellect. C’est la qualité de votre présence. C’est même la qualité de vos actions. Qualité veut dire qu’il y a la conscience qui imprègne ce que vous faites. Il y a alors de la qualité dans ce que vous faites.

On ne peut pas l’expliquer davantage, vous devez voir ce que c’est. Quand on accorde de l’attention à un autre être humain, Il y a tout à coup de la qualité dans la relation, la qualité de l’attention consciente. Quand vous êtes simplement en relation par le biais du mental conceptuel, il y a une absence de qualité, une fréquence d’énergie complètement différente entre les êtres humains. Si vous touchez la présence, vous incarnez cette qualité. Et même si vous n’avez pas de véhicule, vous êtes, vous incarnez cette qualité.

Et c’est quelque chose que les gens reconnaissent parfois chez l’enseignant spirituel, la qualité de sa présence, et c’est à quoi ils répondent. C’est pourquoi ils viennent. Le contenu est toujours secondaire, ce que l’enseignant dit. Ce qui est le plus important, quoi que dise l’enseignant, c’est la qualité de cette conscience. Maintenant, le fait que vous reconnaissiez cette qualité chez autrui veut dire que vous l’avez aussi. Il y a encore beaucoup d’humains qui ne seraient pas attirés par un enseignant spirituel, parce qu’ils ne reconnaissent pas ce qui est là. Ils n’y ont pas accès. Beaucoup y ont accès, mais ne croyez pas que cela se trouve seulement chez cette autre personne.

Pourquoi êtes-vous capables de reconnaitre la présence chez autrui ? . . . Parce que seule la même fréquence en vous peut la reconnaître en autrui. Et c’est une chose merveilleuse quand vous êtes attirés par un enseignement spirituel. Cela pourrait également prendre la forme d’un livre. Vous reconnaissez alors la vie ou la qualité qui se trouve là. Pourquoi est-ce que vous la reconnaissez ? Parce que c’est déjà vivant en vous, peut-être pas encore aussi pleinement, mais cette présence est déjà vivante en vous.

Et c’est la manière dont l’art véritable peut avoir une fonction spirituelle, parce qu’il peut éveiller cela quand l’oeuvre d’art contient une qualité qui ne peut échapper bien que l’artiste puisse ne pas incarner les qualités dans tous les domaines de sa vie. L’artiste peut n’incarner la qualité que dans cette petite sphère de son art. Et quand il s’écarte de son art, il peut être aussi inconscient que n’importe qui d’autre, parfois même plus, pas toujours, mais ça peut arriver. Et quand il retourne à son art, le changement se produit immédiatement : . . . et le pouvoir s’écoule.

Je précise bien sûr que ce pouvoir peut être dans votre vie, non pas seulement dans un petit domaine, mais de façon continue. Votre vie peut être imprégnée de cette qualité qui est là quand vous n’êtes pas identifiés aux formes, à savoir les formes-pensées, le mental humain, identifiés à cela, parce que la qualité est la manifestation du sans-forme, le sans-forme, la conscience elle-même qui circule dans le monde de la forme à travers vous. C’est presque paradoxal, parce que le mental pourrait dire : « Comment le sans-forme peut-il circuler dans le monde de la forme ? ». Or, il le fait. Il circule dans les formes.

Il y a une sorte de processus et de travail de sélection et habituellement… il y a des exceptions, mais habituellement, les choses persistent quand elles le méritent, quand elles ont cette qualité… Une oeuvre d’art par exemple. Mais il y a des œuvres d’art qui peuvent être en avance sur leur temps et peuvent être découvertes après la mort de l’artiste. Soudainement, la qualité est reconnue, Mais du vivant de l’artiste, personne ne l’avait vue. Il y a beaucoup d’exemples de cela. Il y a des grands artistes qui n’ont jamais vendu la moindre toile dans leur existence, qui sont morts dans la pauvreté. Ils moururent et 20 ans, 30 ans, 50 ans plus tard, les gens se sont tout à coup exclamés : . . . Certes, c’est un peu tard pour eux.

Donc, le reconnaître indique que c’est en soi. La qualité peut donc être indirecte, comme investie dans un morceau de musique, dans une oeuvre d’art, voire dans quelque chose qui est écrit, ou elle peut être directe. En rencontrant un être humain qui incarne cet état, vous avez un contact direct avec la qualité. Si vous la reconnaissez… – non pas que vous soyez capables de la définir intellectuellement, parce que vous ne pouvez pas le faire en réalité – vous reconnaissez qu’il y a là quelque chose et cette reconnaissance implique déjà un degré accru de vigilance. C’est une sorte d’écoute, comme une écoute, une attention vigilante.

L’erreur qui se produit parfois à ce stade, c’est que le mental interprète mal ce qui a lieu et déclare : « Cela vient exclusivement de cette personne ». Et vous vous attachez donc à une forme particulière, par exemple un enseignant spirituel. Le mental peut même dire : « Il est le seul, elle est la seule sur la planète qui ait cela, je suis son disciple et tous les autres ont tort ».

Il peut même arriver, chez un enseignant qui incarne la qualité, que le mental à un certain point puisse revenir, plus particulièrement si l’enseignant est entouré de disciples qui croient qu’il ou qu’elle est l’unique ou le seul, la seule. Bien sûr, il est l’unique, mais non pas le seul. Vous êtes aussi l’unique. Le mental fait donc une mauvaise interprétation. Même la personne qui incarne cela, peut après un temps croire qu’elle est plus spéciale que les autres. Et si vous allez auprès d’un enseignant que vous entendez dire « il y a beaucoup de grands maîtres, mais je suis le plus grand », vous savez alors que l’identification à la forme est revenue. Habituellement, c’est là où peu à peu le pouvoir de l’enseignant commence à s’affaiblir.

Il est donc important de ne pas mal interpréter les choses. Vous n’avez pas besoin de voir une supériorité – Même en pensant à un grand génie s’il s’agit d’une oeuvre d’art – de vous dire que la personne qui a créé l’oeuvre d’art doit être supérieure. Le mental humain dit qu’il y a des humains supérieurs. Cela peut être de grands scientifiques… Les plus grands êtres humains supérieurs. Et parfois, on leur élève un monument, un grand monument. Bien sûr, c’est encore une mauvaise interprétation, parce que la personne n’est pas responsable de la création. La création s’est produite, parce que la personne est devenue transparente au pouvoir ou à la lumière de la conscience elle-même. Donc, dire qu’il l’a fait n’est pas vraiment exact. Cela s’est produit à travers lui (ou elle). Non, ce n’est pas qu’il l’ait fait, qu’elle l’ait créé. Il (ou elle) a été capable d’être une ouverture pour cela.

Quoi que vous fassiez quand la présence émerge, vous commencez à sentir le pouvoir qui est là, en vous, mais ce n’est pas le vôtre, parce que rien n’est vôtre. Pourquoi rien n’est vôtre ? Parce qu’il n’y a pas vous et le pouvoir. Vous n’en êtes pas séparés, vous l’êtes. Donc, vous ne le possédez pas. L’illusion de la séparation s’efface.

Il est très important, alors que nous sommes assis ici, de sentir ce dont je parle en ce moment. C’est pourquoi nous sommes ici. Au-delà de votre mental, au-delà des émotions, il y a un champ de vie et de pouvoir, en vous. C’est partout, mais c’est là que vous le sentez, c’est en vous. Cela n’a pas de forme, mais cela peut s’écouler dans une forme et vous devez le connaître dans son aspect sans forme. Cela veut dire contacter la quiétude extrêmement vivante à l’intérieur, à savoir connaître le pouvoir dans son aspect sans forme. Et s’il devait s’écouler dans une forme, ce qui pourrait être une simple chose comme dire quelque chose d’inspirant ou de profondément significatif à un autre être humain qui a besoin à ce moment-là de ces paroles, cela veut dire que le pouvoir a pris une forme, s’est écoulé dans cette forme, et c’est alors un pouvoir manifesté.

Mais il est important de rester continuellement en contact avec l’aspect sans forme de ce pouvoir. Et connaissez-le directement, non pas comme quelque chose que vous acquérez ou que vous atteignez, mais qui est intrinsèquement un avec qui vous êtes en essence. Il n’y a donc pas le pouvoir et moi. Il n’y a pas de dualité. Même dire « j’utilise » ce pouvoir » -nous pouvons le dire au niveau de la réalité superficielle, parce que nous utilisons le langage, Mais cela n’est même pas vrai ultimement, parce qu’il y a plus d’intelligence en ce pouvoir que dans votre mental. Donc, plutôt que vous l’utilisiez, il vous utilise et il veut vous utiliser, parce qu’il fait partie de l’évolution de notre planète. Il veut s’éveiller sous cette forme dans ce monde.

Donc, la plus belle chose pour vous, dans votre vie quotidienne, c’est de sentir votre retour à cette quiétude extrêmement vivante qui est le pouvoir dans son aspect sans forme, laquelle est maintenant tandis que nous sommes assis ici. Elle est ici présente. C’est bien sûr plus facile à faire – ce n’est pas faire, mais on utilise le langage – c’est plus facile d’embrasser cela dans un groupe avec quelqu’un qui maintient la présence que de le faire peut-être au bureau ou à la maison dans un environnement bruyant. C’est donc pourquoi nous le faisons ici.

La seule manière dont cela se manifeste ici, c’est à travers les paroles. Le reste est le sans-forme dans ce champ d’énergie en vous. Tous les grands enseignants ont indiqué cette même chose. Que cela s’écoule ou non dans une forme définie est vraiment secondaire. Ou si vous continuez simplement de faire ce que vous faites, La façon de le faire change, non pas ce que vous faites. Il peut aussi arriver que le pouvoir change complètement votre vie. Vous devez voir ce qu’il fait. Il vous libère du faux sentiment d’identité. Cela concerne ce que le mental vous dit à votre sujet et au sujet des autres.

Qui suis-je ? Je suis ceci, le pouvoir silencieux et je ne peux pas être défini. Pour me connaître moi-même, je n’ai pas besoin de me définir avec des concepts. Je peux me connaître directement en étant éveillé à ce pouvoir qui est la quiétude extrêmement vivante à l’intérieur.

C’est donc magnifique : de la même façon, pour connaître les autres véritablement, vous n’avez pas besoin de les définir avec des mots ou des concepts. Vous n’en avez pas besoin pour les connaître en leur essence. Vous les connaissez par votre propre présence qui traverse les couches de leur mental et de leurs émotions qui sont habituellement confondues avec qui est l’être humain. Donc, vous percez, le pouvoir en vous perce, pour ainsi dire, traverse les barrières en l’autre que sont ses couches mentales et émotionnelles, et cela éveille la même chose en l’autre et qui attend d’être éveillé.

Chez tous les êtres humains… – bien que chez certains la densité est encore telle que vous pouvez parfois la sentir en étant assis en face d’eux. Il n’y a pas encore d’éveil, parce que les couches mentales et émotionnelles sont trop denses. Cela arrive aussi. Mais dans beaucoup de cas, l’éveil se produit à travers vous. Donc, votre fonction à partir de maintenant – pour beaucoup d’entre vous, c’est déjà votre fonction depuis un certain temps – c’est d’éveiller… – en premier lieu bien sûr, vous devez être connecté à cela, faire un avec cela autant que possible dans votre vie, mais votre fonction en ce monde est alors de l’éveiller chez les autres. Cela se produit automatiquement simplement en l’incarnant.

Cela veut dire que tout ce que vous faites dans la vie (votre travail, vos diverses activités…) est d’importance secondaire. Ce qui est de première importance, c’est la façon dont vous faites ce que vous faites et non pas ce que vous faites. La façon de faire implique l’état de conscience qui se trouve derrière le faire. C’est le comment. Et c’est d’une importance bien plus capitale que ce que vous faites.

Vous commencez donc en pratiquant, en étant cela immédiatement et non pas en disant : « Ok, il faut que j’attende des circonstances meilleures dans ma vie pour que je puisse pratiquer le fait d’être présent ». Non, c’est un report, ça pourrait prendre longtemps et vous pourriez ne jamais y arriver, parce que la vie continue de vous lancer des défis.

Donc, chaque défi peut être une excuse : « Ok, je n’ai pas le temps Pour être présent maintenant », ce qui veut dire en réalité « Je n’ai pas de temps pour le maintenant, parce que je suis trop occupé. Si seulement j’avais plus de liberté pour pratiquer ! Si seulement j’avais assez d’argent pour aller dans une station thermale où l’on bichonnerait mon corps, où je pourrais m’étendre dans l’eau recouverte de pétales de rose, dans des senteurs délicieuses, être massé avec les huiles les plus exotiques et accompagné de musique agréable ! Alors seulement, je pourrais vraiment pratiquer le fait d’être présent ».

C’est loin d’être garanti. Il est plus probable que vous vous endormiez. Or, si des choses se passent mal dans votre vie – précisons que « se passer mal » est une autre expression pour le mot « défi  » – si des choses se passent mal dans votre vie – peu importe dans quel domaine – c’est en fait la meilleure occasion pour pratiquer la présence, de loin la meilleure. Donc, les circonstances les moins favorables sont en réalité plus adaptées que les circonstances favorables en apparence.

Autrement dit, Pour le dire encore plus platement, les mauvaises choses sont spirituellement meilleures pour vous que les bonnes choses. Une fois que vous savez cela, elles ne sont plus mauvaises, parce que les mauvaises choses ne sont mauvaises que tant que vous ne savez pas qu’elles sont en réalité plus avantageuses que les bonnes choses. Elles ne sont mauvaises que parce que votre mental les juge ainsi. « Rien n’est bon ni mauvais en soi, tout dépend de ce que l’on en pense », a dit Shakespeare quelque part.

Maintenant, il vous faudra le constater La prochaine fois que vous avez l’impression que quelque chose de mauvais vous arrive. Commencez peut-être avec des petites choses : un retard à l’aéroport à cause des cendres volcaniques – « C’est épouvantable, c’est terrible, passer trois jours à l’aéroport, être allongé là, dépenser tout son argent, la compagnie aérienne qui ne paie pas d’hôtel, etc. Ok, c’est horrible !

Ou d’autres gens en Europe qui ont été en voyage pendant deux ou trois jours pour essayer de trouver un aéroport en service. Une chose tout à fait étrange ! Mais j’ai lu dans le journal que certains avaient dit : « D’un coup, voyager est redevenu intéressant ». Ces gens ont abandonné la définition « c’est mauvais » et ils ont suivi le cours du moment présent. En fait, ils ont vécu une aventure et toute leur vie, ils se rappelleront cette aventure où les avions ne volaient plus, où il leur avait fallu traverser des pays en bus, en train pendant des heures et des jours d’affilée. Et d’autres étaient probablement restés très énervés à propos de tout cela.

Donc, « mauvais »… les gens qui sont encore inconscients ne peuvent pas séparer l’événement de leurs interprétations mentales concernant l’événement considéré comme mauvais ou quels que soient les mots utilisés pour le décrire. Cela veut donc dire qu’il y a de l’inconscience. La façon mentale et émotionnelle dont vous interprétez l’événement qui se passe autour de vous ou la circonstance dans laquelle vous vous trouvez. L’événement ou la circonstance ne font qu’un. Par exemple, vous dites : « Une chose horrible vient de m’arriver ». Ok, vous n’avez pas séparé la chose du « horrible ». Vous avez assemblé la définition mentale, Le jugement et l’événement, et pour vous, il n’y a plus qu’une seule chose, une chose horrible. Non, il y a la chose et il y a le jugement « c’est horrible ». « C’est horrible », c’est une pensée ; la chose est telle qu’elle est.

Maintenant, une fois que vous avez la pensée « c’est horrible » qui est complètement confondue avec la chose, vous avez alors la réaction émotionnelle à la pensée. Elle constitue une couche qui s’ajoute à « c’est horrible ». Il y a donc deux couches de « c’est horrible », l’une est la pensée et l’autre est la réaction physique à la pensée, qui est l’émotion. Et vous les mélangez ensuite avec l’événement, remuez bien et ensuite, ils ne font plus qu’un. Et de cette façon, toute leur vie, des gens se trouvent dans des situations horribles, sans jamais réaliser qu’il y a là ce qui est, dans l’instant, les circonstances, l’événement, la situation dans laquelle ils se trouvent et qu’il y a ici leur jugement mental et leur réaction émotionnelle à ce sujet.

La séparation ne se fait jamais. Et du fait d’un schéma mental réactionnel, le mental croyant à tort que « si je me plains assez, les choses finiront par aller mieux », sans réaliser même après 50 ans de plainte que cela ne marche pas… – Je pense que ce schéma a pu se mettre en place dans l’enfance, pour pas mal de gens. Quand les enfants pleurent assez, ils obtiennent l’attention de leurs parents. Cela peut être une raison pour laquelle le schéma se développe. L’enfant apprend à travers cela que s’il pleure suffisamment, s’il fait des caprices, il aura de l’attention ou même ce qu’il veut : « Il faut juste que je fasse assez de bruit ! ». Ok !

Cela devient un schéma. Le schéma mental est alors : « J’ai juste besoin d’être assez malheureux et Dieu me donnera finalement ce dont j’ai besoin ». Et même les gens qui ne croient pas en Dieu ont ce schéma. Donc, il y a toujours un Dieu quelque part. Il y a une représentation paternelle ou maternelle et la croyance inconsciente : « J’ai juste besoin d’être malheureux, de le lui montrer et quelque chose changera ». Et malheureusement ou heureusement, ça ne marche pas bien sûr. Mais il y a beaucoup de gens en ce monde qui ne le réalisent jamais. Et même peu avant la mort, ils se plaignent encore : « La nourriture n’est pas bonne ». Ils ne réalisent jamais qu’il y a d’une part ce qui est, qui est neutre, et de l’autre leur interprétation de ce qui est, qui est le mental.

Mais une fois que vous pouvez séparer les choses, vous êtes libres. Vous pouvez voir : « Oh ! c’est juste ce qui est. Ici, je suis en rade à l’aéroport ou à l’arrêt de bus. Ici, je suis allongé dans mon sac de couchage quelque part dans un coin. C’est juste ce qui est. Pourquoi ai-je besoin d’y ajouter de la peine en le définissant d’une certaine manière et en attendant la réaction émotionnelle qui correspond à mes jugements. « C’est mal », dit le mental et arrive alors l’émotion. Et l’émotion provoque d’autres pensées : « C’est vraiment mauvais », ce qui provoque plus d’émotions. Et ce faisant, rien ne change. Vous vous trouvez donc dans une situation horrible… dans votre mental. Vous retrouvez la liberté en réalisant que la situation est neutre. La peine est ce que je lui ai surimposé.

Une fois que vous avez vu le mécanisme, vous pouvez vraiment pratiquer. La prochaine fois que quelque chose ira mal… – la vie étant comme elle est, vous n’aurez pas à attendre longtemps – la prochaine fois que quelque chose n’ira pas, vous pourrez voir qu’il y a ce qu’il y a. La réaction se reproduira peut-être, parce que c’est tellement habituel, mais immédiatement après qu’elle se soit produite, vous pourrez dire : « Oh, il y a eu la réaction et voici en fait la situation ».

Vous commencez à jongler, à jouer un peu avec les choses : « OK, puis-je maintenant permettre d’être présent à cet événement, à cette situation, à cette circonstance, et puis-je simplement observer le jugement mental comme n’étant qu’un jugement ou puis-je même peut-être l’abandonner ? ». Si vous pouvez observer le jugement comme n’étant qu’un jugement, vous vous en êtes déjà écarté un peu. Vous ne croyez plus en la réalité ultime de votre jugement. Et vous en sortez complètement quand vous pouvez vous dire : « En fait, je n’ai pas besoin du jugement, parce qu’il n’ajoute à la situation rien d’autre que la peine ».

Maintenant bien sûr, le soi construit de façon mentale se développe là-dessus, le soi égoïque qui est basé sur l’identification avec la pensée et sur l’identification avec l’émotion. Il se nourrit de la peine. Plus vous êtes en peine et plus il se renforce, comme l’incroyable Hulk . . . mais ce n’est pas nécessairement la colère, cela peut être autre chose. Cela pourrait être la victime terrible des circonstances et d’autres personnes. Mais cela renforce le… cela peut même être une contraction dans tout le champ d’énergie physique . . . ces choses horribles qui m’arrivent toujours !

Et vous pouvez alors vous plaindre. Et tout est pris personnellement, comme une insulte personnelle : la circulation pénible, les mauvais automobilistes qui me font une queue de poisson, à moi ! Un mauvais automobiliste qui vous fait une queue de poisson n’est rien de plus qu’une rafale de vent. C’est une force inconsciente de la nature. Mais le mental personnalise la chose : « il me le fait à moi ! ». Certaines personnes le font même avec le mauvais temps, mais moins qu’avec les gens inconscients. Mais c’est au fond la même chose.

Donc, soyez là quand cela arrive et pratiquez alors le fait d’être libre. En le faisant pour la première fois… – Vous vous retrouvez dans des circonstances que le mental aurait normalement étiquetées comme mauvaises et voici que vous vous dites : « Eh bien, c’est comme c’est » et d’un seul coup, vous n’y voyez plus rien de mauvais. Le mauvais n’était qu’une pensée. En réalité, ça veut dire que vous êtes là non réactif, et c’est à ce moment-là également qu’arrive le pouvoir, parce que l’état réactionnel le bloquait. Quand vous n’êtes pas dans la réaction, Le pouvoir se met à s’écouler. Vous êtes vraiment avec ce qui est et le pouvoir s’écoule à travers vous.

C’est une autre façon d’être là, d’être présent, ne pas réagir aux choses, aux événements, aux circonstances. Être non réactif vous met en contact avec le pouvoir. Et quand vous êtes en contact avec le pouvoir, il peut se manifester d’une manière ou d’une autre. Beaucoup de gens ont constaté dans leurs propres expériences qu’en se mettant à vivre de cette façon, les soi-disant mauvaises situations changeaient rapidement pour le mieux, soit parce qu’ils pouvaient vraiment apprécier ce qu’avant ils appelaient « mauvais » (simplement aller avec), soit du fait d’aller avec, la situation se redressait et changeait.

En fait, vous invitez des circonstances utiles en allant avec ce qui est au lieu d’aller contre. En fait, vous invitez l’intelligence qui sous-tend toute la création de l’univers à travailler pour vous, à vous aider. Tout à coup, vous remarquez que quelque chose d’utile se présente . . . parce que vous étiez ouvert, présent. Cela ne peut pas arriver quand vous êtes dans la réaction. C’est donc une chose merveilleuse… – C’est une pratique qui ne requiert aucune condition préalable, parce qu’heureusement, il y a tout le temps des choses qui ne vont pas, mais une fois que vous réalisez cela, Il n’y a rien qui n’aille pas. Rien ne va pas en réalité, ce n’était que le mental incapable d’être avec ce qui est.

Donc, voici la pratique de chaque jour, dans votre vie, attendez que la prochaine chose arrive, le prochain petit défi ou un gros défi, et utilisez-le alors : pas de jugement mental – ou s’il arrive si vite, vous pouvez le relâcher ; vous réalisez : « Oh, il y a là un jugement ». Séparez toujours les choses : il y a ce qui est et il y a mon interprétation à ce sujet. Est-ce que je vais en faire une seule chose ? Non. Est-ce que je veux conserver cette interprétation ? Est-ce qu’elle apporte quelque chose d’utile ? Non. Vous lâchez prise et soudainement, vous faites véritablement face à ce qui est. C’est l’intelligence.

Finalement, vous pouvez considérer que tout le reste n’est que folie, stupidité. Vous pouvez avoir deux doctorats en philosophie et demeurer complètement stupide dans votre vie quotidienne. Cela n’a rien à voir avec votre instruction en quoi que ce soit. Le monde est rempli de gens hautement cultivés qui restent piégés par ces schémas négatifs. Vous n’en avez pas idée !

Ce fut récemment le cas d’une femme qui a tué plusieurs de ses collègues à l’université en Louisiane ou en Alabama, qui était largement reconnue comme douée pour les études. De la même façon, elle était complètement emprisonnée dans son mental et son champ émotionnel au point que son mental et son champ émotionnel lui faisaient dire : « Ces gens sont horribles, ils ne m’ont pas titularisés, je vais les… ». Elle était complètement incapable de voir : « Ça, c’est ma réaction et ça, c’est ce qui est ». C’est un cas extrême.

Donc, les doctorats ne sont d’aucune aide. La véritable intelligence, c’est amener cela dans sa vie. Ce n’est pas l’intelligence appliquée au QI qui est relativement insignifiante. Voulez-vous que votre vie soit dirigée par l’intelligence ou voulez-vous perpétuer la stupidité humaine qui est aussi la souffrance ? Un autre terme pour « la stupidité », c’est « la souffrance auto-infligée », « la souffrance inconsciente auto-infligée ».

Vous utilisez donc les situations, les gens, les réactions des gens, les gens qui essaient de vous faire réagir, les corps de souffrance, le comportement des gens : ils ne se comportent pas comme ils devraient, ils ne devraient pas faire ça, elle ne devrait pas faire ça, ils devraient… Pourquoi est-ce qu’ils ne… ? Pourquoi est-ce qu’elle ne… ? Tout cela n’est que bagage inutile. Le bagage inutile peut devenir très lourd dans le mental. Vous le promenez avec vous, vous disputant, vous plaignant, racontant des histoires, à vous-mêmes et aux autres : pourquoi les choses sont si mauvaises, l’injustice avec laquelle vous traitent les circonstances et les autres.

Et dès l’instant où vous relâchez ce schéma, la présence émerge. C’est alors que vous amenez la créativité en traitant les diverses situations. Cela se produit automatiquement. Quand vous n’êtes plus dans la résistance, la véritable intelligence est la véritable créativité. Vous n’avez donc pas besoin de devenir un artiste, ni de peindre la plus belle toile. Ce qui est beaucoup plus important que cela, c’est l’être humain qui devient sensé. Cela ne me dérange pas s’il n’y a plus de tableaux, ni autres œuvres d’art. Si les gens deviennent sensés, ce sera la plus grande oeuvre d’art, non pas qu’ils ne produiront plus de toiles, mais la chose la plus fondamentale, c’est le bon sens qui émerge en l’être humain. Il peut alors être créatif, parce que l’intelligence s’écoule dans sa vie et la transforme. En premier lieu, cela supprime la peine. . . . C’est déjà suffisant !

Supprimer la peine, c’est bien sûr une façon négative de dire les choses. Quand la peine est supprimée, ce qu’il reste, c’est la vie, la joie, la gratitude pour ce qui est, l’alignement avec le moment présent tel qu’il est, le fait d’accepter les autres humains indépendamment de leurs comportements. C’est là où ils en sont pour l’instant. C’est ce qui est.

S’agissant de la créativité, la chose principale est qu’elle s’écoule dans votre vie et peu importe en quoi d’autre, dans de la musique remarquable, en peinture, une oeuvre littéraire, une belle sculpture, toute autre chose que vous faites. C’est excellent aussi, mais la chose principale… – Même les plus grands artistes ne savaient pas cela. Beaucoup étaient malheureux dans de nombreux domaines de leur vie dès l’instant où ils ne créaient pas. Donc, la toile de votre oeuvre d’art, c’est votre vie quotidienne.

Source : http://messages.terrenouvelle.ca

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