La lactofermentation où l’art de conserver ses légumes facilement comme frais !

Vous avez envie de connaître le secret pour conserver plus d’un an des légumes en bocaux que vous avez fait maison. Le tout sans congélation et sans stérilisation en conservant en plus, toutes les vitamines. Et bien nous allons vous donner cette astuce mais il va falloir oublier tout ce que vous avez appris précédemment en redécouvrant un procédé simple comme un jeu d’enfant qui existe depuis la nuit des temps. Il s’agit de la lactofermentation. Avouez que c’est très joli sur une étagère. Toutes ces couleurs qui vous sautent aux yeux à travers les bocaux. Vous ne rêvez pas, en plus cela se conserve à température ambiante.

Mais comment est-ce que cela est possible ?

Ce procédé de conservation utilisé depuis la nuit des temps, consiste à laisser macérer les aliments avec du sel ou bien de les plonger dans une saumure en l’absence d’air. Il se produit une fermentation. Pour comprendre ce procédé : il s’agit d’une activité microbienne qui va sécréter des substances comme l’acide lactique, des enzymes et du gaz carbonique. L’acide lactique inhibe complètement les micro-organismes responsables de la putréfaction. C’est alors que l’acide se stabilise et que le milieu s’équilibre. La fermentation s’arrête automatiquement. Vous est arrivé à un stade où la conservation à température ambiante peut durer plusieurs années.

Des aliments économiques remplis de vitamines et délicieux

Lactofermentation

Ce mode de préparation préserve les éléments nutritifs et les vitamines et des aliments. Mais chose exceptionnelle, il en augmente même la teneur surtout pour la vitamine C. La fermentation améliore l’assimilation et la digestibilité des aliments par notre organisme. Le taux de nitrates diminue et les pesticides résiduels pouvant être présents dans les végétaux se dégrade. Un antibiotique naturel fait son apparition et lutte contre les microbes pathogènes. Cela renforce de ce fait l’efficacité de notre système immunitaire.

Les bactéries lactiques qui sont bénéfiques pour notre organisme s’appellent des probiotiques. Vous savez ce sont ses petites gélules que les laboratoires pharmaceutiques nous vendent à prix d’or dans des pots en plastique. Tout ce qu’on vous vend dans le commerce qui s’appelle Bifidomachin et Actitruc ne servent à rien. Si vous voulez vous régaler en faisant des économies et le plein de produits étiques, mangez tout simplement des aliments lactofermentés. Vous purgerez ainsi votre organisme du sucre et des arômes artificiels dont les produits industriels sont truffés.

Quels sont ces aliments ?

Les éléments qui sont lactofermentés sont les cornichons, les olives, les capres et la choucroute. Ils sont conservés dans de la saumure. Aujourd’hui, ce qui donne l’acidité des cornichons c’est le vinaigre. Vous pouvez manger de la viande salée en saumure comme le jambon et le lard. Il y a aussi de la fermentation lactique dans les sauces de poissons de type Nuoc mam, le saumon fumé, la poutargue, les harengs saurs, le caviar et les anchois au sel.

N’importe quel légume peut-être lactofermenté. Carottes, haricots verts, poivrons, tomates, courgettes, et j’en passe et des meilleures. Mais il y a aussi des fruits comme le melon, les prunes ou bien encore les cerises, les pommes et les poires. Essayons de prendre un raccourci en disant que la quasi-totalité des végétaux comestibles peut être lactofermentée. De plus cela est très facile à faire et ne demande aucune énergie. Vous n’utiliserez pas de chaleur, pas de frigo. Il vous suffit simplement d’avoir un récipient propre adapté ainsi que du sel.

Y a-t-il un risque ?

Il y a toujours un risque de rater sa conserve appertisée. Cela est donc très dangereux voire mortel si la toxine botulique fait son apparition. Si votre congélateur tombe en panne et repart, il est aussi dangereux de consommer un aliment congelé. Par contre, la lactofermentation est sûre à 200 %. Le meilleur moyen de savoir si vous avez réussi ou non vos aliments lactofermentés, c’est en vous apercevant que l’aliment prend une couleur bizarre, une odeur et une saveur immonde ainsi qu’un aspect repoussant. Aucun être humain digne de ce nom n’aurait alors l’idée de manger. Il vous est impossible de vous tromper.

Pour résumer : vous augmentez la teneur en éléments nutritifs, vous obtenez une sécurité alimentaire absolue, vous n’avez aucun besoin d’énergie pour le fabriquer.

Faut-il habiter en campagne ?

Il est vrai qu’autrefois, les conserves lactofermentées se faisaient dans les campagnes et se conservaient à la cave pour tout l’hiver. Les gens prélevaient au fur et à mesure les quantités dont ils avaient besoin. Mais nos modes de vie et nos conditions ont changé. Vous pouvez très bien faire des bocaux en verre avec fermeture mécanique et un joint caoutchouc en ville ou dans un appartement.

Mais quelle est la recette ?

lactofermentation 3 pots

Il vous faut des bocaux, des légumes frais, de l’eau, du sel et environ 15 minutes.

Il vous faut de l’eau du robinet à condition que celle-ci ne soit pas chlorée. Si vous avez le moindre doute, filtrez-la dans une carafe ou faites la bouillir. En ce qui concerne le sel, prenez du gros sel marin sans additifs. Il vous faudra bien inspecter l’emballage car si le sel contient autre chose que du sel, ne le prenez pas. Il ne faut pas de fluor ni d’iode. Recherchez aussi l’additif de type E536 qui donnera un très mauvais goût à vos conserves. Pour la saumure, c’est tout simplement de l’eau puis du sel. La recette de base consiste à mélanger 30 g de gros sel marin avec 1 l d’eau. Attendez que le sel fonde avant d’utiliser la saumure. Passons maintenant au déroulement de la recette.

Vous devez remplir vos bocaux de légumes. Laissez un minimum d’espace entre eux. Vous pouvez bien entendu y intercaler des aromates. À température ambiante, remplissez le bocal avec la saumure jusqu’à ce que les légumes soient recouverts. On s’aperçoit qu’ils flottent et que certains dépassent un peu. Ne vous inquiétez pas ceci est normal. L’air contenu dans le bocal sera chassé par les gaz de fermentation. Pour vous donner un repère, remplissez jusqu’à 1 cm en dessous du bord du bocal afin d’éviter les débordements. Ensuite il vous faudra fermer hermétiquement en vous assurant que le joint caoutchouc est bien en place. Posez le bocal sur une assiette pour devancer un éventuel débordement intempestif. Ne vous affolez pas si vous voyez que du liquide se trouve autour du bocal. C’est tout à fait normal et prouve que le processus fonctionne. Vous devez laisser fermenter une semaine à température ambiante avant de le mettre au frais ou dans une pièce fraîche.

Au bout de quelques jours, vous verrez le liquide se troubler jusqu’à devenir laiteux et même faire des bulles. Un voile blanc peut se former en surface ou un dépôt grisâtre au fond. Cela ne sera vraiment pas ragoûtant pendant quelques jours. Ne pensez pas que vous avez raté votre conserve. Vous assistez simplement à une terrible bagarre entre microbes. Le voile et le dépôt que vous observez sont les microbes qui ont été dévorés par les autres. Au bout d’une quinzaine de jours, comme l’eau d’une piscine ou d’un aquarium, le liquide va s’éclaircir jusqu’à devenir limpide. Vous serez surpris mais ce n’est pas de la magie.

Au bout de trois semaines environ, vous pourrez consommer vos légumes. Même si le bocal est entamé, vos légumes se conserveront plus d’un an. Vous noterez que leur saveur a évolué et qu’au fil du temps elle devient plus acidulée. Afin d’être complètement écolo et bio, ne jetez pas la saumure qui pourra remplacer aisément le sel et le vinaigre dans vos salades. Cela rendra vos aliments vivants et bienfaisants remplis d’enzymes et de probiotiques.

(article de Pierro – permaculteur)

Source: http://www.wwoof.fr/news/2016/6/17/la-lactofermentation-o-lart-de-conserver-ses-lgumes-facilement-comme-frais-