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1ère partie:

 

café

Le commerce équitable Dossier mis à jour le 04/04/2014

843 lectures: Le commerce équitable

© C. Magdelaine / http://www.notre-planete.info
Source : http://www.notre-planete.info/ecologie/alimentation/commerce-equitable.php

Sommaire Le commerce équitable : présentation Les labels du commerce équitable Le commerce équitable : atouts et polémiques Le commerce équitable : les polémiques Interview d’une professionnelle Actualités sur le commerce équitable Discussions sur le commerce équitable © C. Magdelaine / http://www.notre-planete.info Commerce équitable : définition DR « Le commerce équitable est un partenariat commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l’objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. Il contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés, tout particulièrement au Sud de la planète. Les organisations du commerce équitable (soutenues par les consommateurs) s’engagent activement à soutenir les producteurs, à sensibiliser l’opinion et à mener campagne en faveur de changements dans les règles et pratiques du commerce international conventionnel. » Cette définition donnée par Artisans du Monde vient renforcer le concept du commerce équitable lancé lors de la conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED) en 1964 à Genève : « Trade not Aid » (« du commerce pas la charité »). A la suite de cette conférence, la société civile a réagi dans les années 70 pour soutenir les petits producteurs de café d’Amérique Latine, touchés par une crise économique très grave qui engendra une baisse importante du cours du café sur le marché mondial. Les petits producteurs se sont alors organisés en coopératives pour pallier leurs difficultés jusqu’à ce que la fluctuation des cours dans les années 80 bouleverse ces regroupements au profit des industriels du Nord. La fin de cette décennie voit naître le label Max Havelaar (1988) et d’autres initiatives luttant contre les inégalités commerciales entre le Nord et le Sud. Le commerce équitable connaît alors son premier véritable essor sur les marchés européens. En 1996, les quatre organisations du commerce équitable, à savoir FLO (Fair Trade Labelling organisations International), l’IFAT (International Fair Trade Association), NEWS (Network of European World Shops) et l’EFTA (European Fair Trade Association) se sont regroupées au sein de la FINE (F pour FLO, I pour IFAT, N pour NEWS, E pour EFTA) pour promouvoir ensemble le commerce équitable. Ceci a permis d’institutionnaliser au niveau européen et international les grandes lignes de ce qu’allait devenir le commerce équitable tel qu’on le connaît aujourd’hui.

Comprendre le commerce équitable – Qu’est ce qui motive cette nouvelle forme de commerce ?

Dans un contexte économique mondial aux inégalités criantes, la nécessité de trouver une alternative en faveur des petits producteurs du Sud s’avère indispensable pour encourager une nouvelle vision des rapports commerciaux Nord/Sud. 20% des pays les plus pauvres produisent 1% du PIB mondial. Alors que 20% des pays les plus riches en produisent 86%. D’après ces chiffres, on se rend compte qu’il est impossible de nier le phénomène d’accroissement entre très riches et très pauvres. On peut se voiler la face et nier cela ou bien comprendre qu’il s’agit d’une atteinte au principe d’égalité, d’équité, voire même de dignité. Le commerce équitable a pour but de lutter contre ce fossé grandissant des inégalités Nord/Sud via des actes commerciaux plus justes. Son origine pourrait trouver sa source dans l’article 23 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 : « quiconque travaille a droit à une rémunération équitable lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine ». Les paysans du Sud se regroupent en coopératives sur le principe que l’union fait la force. Faire partie du commerce équitable, c’est : Respecter la condition sine qua non que les producteurs reçoivent un salaire plus juste. Celui-ci ne tient pas compte des fluctuations du marché mondial, il est calculé sur une base fixe. En cas de hausse, cette méthode permet aux producteurs de percevoir un peu plus d’argent, et en période de crise, un salaire minimum doit pouvoir être redistribué. Le revenu perçu par un producteur permet de couvrir ses frais et de nourrir sa famille convenablement. Il est à noter que les conditions de travail sont également améliorées : les producteurs sont mieux protégés grâce à des vêtements adaptés à leurs tâches et leur temps de travail n’est plus synonyme d’exploitation. Même si ce n’est pas toujours idéal, c’est mieux que les conditions « habituelles » imposées par le marché. Pour prendre un exemple, un producteur de bananes dans le circuit commercial ordinaire perçoit 15% du prix de vente en Europe alors qu’un producteur issu d’une coopérative du commerce équitable recevra 30% du prix de vente pour son travail. Il s’agit là d’un produit dont la différence à l’achat pour un Européen n’est pas énorme par rapport aux marques ordinaires. Ce faible écart entre les prix se ressent cependant sur place. Alors que les producteurs du commerce équitable ont un cadre de travail décent, les conditions auxquelles sont soumis les petits paysans surexploités par des géants comme Dole ou Chiquita sont inacceptables et irrespectueuses des droits de l’Homme. Pas de travail illégal des enfants. C’est-à-dire que les enfants sont envoyés à l’école. Ils ne sont en aucun cas exploités comme cela peut-être le cas dans de grandes multinationales (Nike par exemple). On peut remarquer qu’un produit à base de mangue (provenant du Cameroun) commercialisé en Allemagne lutte par exemple contre la prostitution infantile. On peut donc associer commerce équitable et mieux-être des pays du Sud en combinant plusieurs projets. Les producteurs sont contraints à ne pas surdoser les pesticides ou insecticides, si toutefois ils en utilisent ! En effet, 70% des produits du commerce équitable sont issus de l’agriculture biologique. Cette démarche en faveur du développement durable est appuyée par l’interdiction formelle d’utilisation d’OGM dans ces produits. Une partie du prix que paie le client final représente une prime (entre 5 et 10% du prix que paie le consommateur). Cette dernière est utilisée collectivement pour des projets sociaux de différentes natures qui profitent non seulement aux petits producteurs mais aussi à leur famille et à l’environnement. La coopérative peut décider d’investir dans un programme de formation à l’agriculture biologique, de construire une école ou un hôpital, de restaurer une route ou de mette en place un service de transports en commun… Devenir consom’acteur © C. Magdelaine / notre-planete.info La population se sent de plus en plus préoccupée par le respect de la nature et le respect de l’autre dans les relations commerciales pour améliorer leur mode de vie… Entre 2000 et 2004, le marché du commerce équitable a connu une hausse de 27 %.

Il est vraiment simple de devenir consom’acteur.

Qu’entend-t-on par ce terme ? Il s’agit d’un néologisme liant « consommation » – telle que nous la connaissons, en grande surface – et le fait de passer à l’acte, le fait de tenir un rôle certain au sein de cette abondance de biens que l’on peut acheter à tout va et sans se soucier de rien. Devenir un consommateur engagé donc, c’est tout d’abord moins consommer, et surtout consommer de façon réfléchie ! Il ne faut pas céder au « green marketing » en se disant pour chaque produit : « je peux acheter ça parce que c’est moins dangereux pour la planète », surtout si l’on n’a aucune utilité dudit produit ! Chacun à son échelle, en choisissant ne serait-ce qu’un produit issu du commerce équitable, peut agir en consommant de façon plus « citoyenne ». Les produits du commerce équitable sont devenus accessibles au grand public : que ce soit en grandes et moyennes surfaces (grandes enseignes comme Leclerc, Auchan, Carrefour, Monoprix, Casino,…), dans des magasins spécialisés (Artisans du Monde, biocoop,…) ou encore sur Internet

(ethic-factory.fr ; http://www.decodurable.com ; http://www.ekitabl.com) !

Les produits proposés par le commerce équitable sont divers. On notera surtout la diversité de cafés, thés, chocolats, mais on trouve également un large choix de vêtements (souvent en coton bio) et de chaussures, ainsi que d’objets issus de la branche artisanale (objets décoratifs ou musicaux, souvent en matériaux recyclés ou naturels) et cosmétiques. Se décider pour un ou deux produits et les acheter automatiquement équitables responsabilise votre démarche de consommateur et vous permet de faire avancer la machine éthique !

Les labels et les marques du commerce équitable

Label Nom Signification Max Havelaar Le label Max Havelaar a été crée en 1988 dans une démarche d’aide aux producteurs de café d’Amérique Latine. Il est aujourd’hui le label numéro 1 de certification des produits issus du commerce équitable au niveau international. Associations et marques indépendantes spécifiques commerce equitable

 

Bio équitableNom Signification Bio équitable Association créée en 2002 qui fédère les PME autour de projets plus respectueux de l’homme et de l’environnement dans une optique de développement durable. Artisans du MondeArtisans du Monde Premier portail du commerce équitable fondé en 1981 qui met l’accent sur trois points : la vente, l’éducation et la participation aux campagnes de pression en faveur de changements au niveau du commerce international.

Alter EcoAlter Eco Entreprise dédiée au commerce équitable créée en 1998. En 2006, elle est à l’origine de l’association du même nom qui a pour but de financer des projets de développement dans les pays du Sud. EthiquableEthiquable Ethiquable est une société coopérative fondée en 2002, numéro 1 du marché du commerce équitable en grandes surfaces. Elle est dédiée à la conception, fabrication, distribution de produits issus du commerce équitable.

LobodisLobodis Lobodis est la première société française de torréfaction et d’importation de cafés équitables. Elle a développé la sous marque Escale équitable pour des produits tels que le sucre, le thé, le riz, le chocolat.

Jardin BiologiqueMarques indépendantes BIO Nom Signification Jardin Biologique Jardin biologique est une marque d’alimentation biologique qui propose une gamme de produits issus du commerce équitable (quinoa, thé…) BjorgBjorg Entreprise spécialisée dans l’agro-alimentaire biologique existant sur le marché depuis une vingtaine d’années qui propose des produits issus du commercer équitable (jus de fruits…)

Marques des grandes distributeurs

Agir SolidaireNom Signification Agir Solidaire Agir Solidaire est la gamme de produits équitables proposée par l’enseigne Carrefour Ethikeco

EthikecoSous marque de l’enseigne Leclerc dédiée au commerce équitable.

Auchan Les produits du commerce équitable d’Auchan sont reconnaissables par le logo de l’enseigne et le label Max Havelaar.

Géant et associés Géant et associés La marque Casino par exemple commercialise des produits labellisés Max Havelaar sous le nom « Commerce Equitable – pour un monde solidaire ».

Intermarché et associésIntermarché et associés Ces enseignes commercialisent des produits du commerce équitable de marques indépendantes, labellisés Max Havelaar.

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SUITE…..de la partie #1

Monoprix et associés Ces enseignes commercialisent des produits du commerce équitable de marques indépendantes, labellisés Max Havelaar.

fleur commerce équitable

Les atouts du commerce équitable

Production de fleur commerce équitable en équateur © notre-planete.info

On ne remettra pas en cause la qualité des produits issus du commerce équitable, notamment celle des produits alimentaires et vestimentaires. Il s’avère en effet que la majorité des produits sont issus du bio : un pas pour une agriculture moins polluante – donc un environnement plus vert – et pour un corps plus sain au final. De plus, l’achat de produits issus du commerce équitable est une façon pour les pays européens de découvrir de nouveaux produits. Le quinoa était encore inconnu il y a quelques années, par exemple. Il s’agit aussi de faire des gestes « quotidiens » – lors de l’achat de denrées alimentaires ; mais le commerce équitable représente également une forme d’intérêt pour une autre culture avec des produits typiques (bien qu’un voyage écologique dans le pays ait souvent des atouts encore plus pittoresques que l’achat d’un bibelot de décoration issu du commerce équitable). Il peut aussi correspondre à une nouvelle façon de faire plaisir. Si pour un anniversaire on hésite dans les rayons, le commerce équitable dispose d’une large gamme de produits qui permette d’élargir le spectre d’un cadeau de choix, sans forcément dépenser énormément plus que pour un cadeau « classique » !

Les polémiques que soulève le commerce équitable

Voici une petite liste mettant en avant la complexité du thème que nous abordons au travers de pistes de réflexion… Il s’avère que la sphère commerciale est très imbriquée dans les problématiques environnementales.

Un produit issu du commerce équitable est plus cher

Cela n’est pas toujours vrai. De plus, ne vaut-il mieux pas mettre un peu plus cher pour un produit et consommer un produit de qualité qui respecte ses producteurs ?

La question des transports

Un sachet de thé qui vient du Sri Lanka n’a malheureusement pas un bilan carbone neutre ! Mais quitte à choisir un produit que l’on ne trouve pas sous nos latitudes, autant que le fabricant reçoive un revenu plus juste… De plus, certains produits issus du commerce équitable bénéficient d’une compensation carbone. Avec l’augmentation du baril de pétrole, on peut également se poser la question de la viabilité d’un tel trafic. Si le coût de ces produits déjà chers ne cesse d’augmenter, y aura-t-il toujours des acheteurs ?

Certains petits producteurs sont marginalisés si ils n’adhèrent pas au commerce équitable

En théorie, les petits agriculteurs se regroupent en coopérative pour pouvoir, ensemble, surmonter la pression du marché international. Fair-trade met l’accent sur les petits producteurs familiaux. Or cela n’empêche pas la marginalisation de certains petits producteurs qui ne répondent pas aux contraintes imposées par la coopérative. Cela peut provenir par exemple de leur appartenance à un cartel mais aussi du fait de la qualité et de la quantité terre cultivable. Les coopératives peuvent aller jusqu’à monopoliser le marché en empêchant aux autres petits producteurs de commercialiser leurs produits.

Les travers de Max Havelaar

Max Havelaar a pris de telles proportions que cette entreprise est comparable à une multinationale. Comme toute multinationale, il y a des problèmes d’organisation et donc un manque de moyens pour vérifier toute la traçabilité de tous les produits certifiés/labélisés Max Havelaar. Max Havelaar se cantonne bien trop sur les produits dits « coloniaux » : cacao, chocolat, babanes, sucre… où la demande est forte. De surcroît, il incite les petits producteurs a s’engager dans ces productions rentables en contradiction avec leurs productions locales, pourtant bien plus intégrées dans leur environnement et leur culture. Enfin, le label Max Havelaar vérifie surtout la production de la matière première et beaucoup moins la transformation. Donc en théorie un petit Bengali pourrait être chargé de la torréfaction du café avec un salaire miséreux.

Le commerce équitable incite à l’utilisation d’intrants et de pesticides

N’améliorant pas les externalités négatives du marché de l’export, le Commerce Equitable contribue, tout en limitant certains de ses impacts, à ces inconvénients : comme les agriculteurs ne sont pas contraints de cultiver bio, ils sont poussés à se tourner vers les produits chimiques, entrant ainsi dans le cercle vicieux de l’utilisation d’intrants qui ne permet pas la regénération naturelle du sol et demande de plus en plus de produits chimiques.

Le commerce équitable ou le néo-colonialisme

Le commerce équitable suscite souvent la critique en tant que nouvelle forme de colonialisme. Certains producteurs des pays du Sud voient cette prime comme une nouvelle forme de paternalisme et comme une velléité des pays occidentaux de contrôler leur devenir en calquant leurs projets suivant nos schémas sans prendre en compte leurs besoins réels. Ils estiment être mesure de définir eux mêmes l’utilisation de ladite prime. Ceci est partiellement faux dans le sens où le commerce équitable n’est pas voué à durer dans le temps. Il s’agit d’un tremplin pour que les producteurs en difficulté dans les pays du Sud puissent éviter les fluctuations (parfois violentes) du marché international. Le but du commerce équitable est en aucun cas la conquête d’un territoire sans foi ni loi, mais bien de soutenir un développement économique et durable sur place, à amener à une autonomie des populations, et non piller leurs ressources. Le commerce équitable ne réduit pas les emballages Concernant les emballages, on peut encore exiger mieux ! En effet, un sachet de thé du commerce équitable est souvent emballé dans une petite boîte en carton recyclé puis dans un emballage individuel en papier ou en plastique. Ceci est largement critiquable d’un point de vue environnemental ! Que de déchets pour une tasse thé ! Alors qu’une marque comme Tetley – complètement hors du circuit du commerce équitable – a réfléchi à supprimer les emballages de certaines sortes de sa gamme en offrant au client 5 sachets de thé supplémentaires grâce à la l’espace gagné dans la boîte en carton recyclé. Il existe bien évidemment la solution d’acheter du thé en vrac, mais le plus visible dans les rayons reste le thé en sachets…

Le problème de la transparence et de la clarté sur les produits

Les inscriptions données au dos des paquets de riz, de quinoa, sur les étiquettes de jus de fruits etc… peuvent permettre aux Européens de se renseigner sur l’origine du produit, et d’aller plus loin en présentant des avancées que le commerce équitable provoque, tels que l’interdiction du travail des enfants, l’alphabétisation et les projets mis en œuvre dans les coopératives d’où vient le produit.

Le commerce équitable ne favorise pas la décroissance

Les personnes prônant la décroissance diront que le commerce équitable est sans doute une bonne initiative, mais il s’agit malgré tout de consommation… Evidemment, comme nous l’avons déjà souligné plus tôt, l’intérêt n’est pas de consommer plus juste parce que c’est bon pour la conscience ! Au contraire ! Il s’agit de consommer mieux, en connaissance de causes, en « faisant sa part », voire de consommer moins !

Pourquoi les producteurs du Sud et pas du Nord ?

La question revient souvent de savoir pourquoi aider des producteurs à l’autre bout du monde tandis que l’agriculteur de notre village a du mal à subsister. Force est de constater que le contexte est totalement différent : un agriculteur des pays du Nord pourra subvenir aux besoins vitaux de sa famille avec ce qu’il gagne. Même s’il connaît des difficultés, cela ne remettra ni en cause la scolarisation de ses enfants, ni l’alimentation de sa famille au quotidien. Aussi, les subventions attribuées par l’UE représentent une aide supplémentaire et non sans importance pour ce producteur. Alors qu’à l’inverse, le petit paysan du Sud ne reçoit pas de subvention et n’a aucune certitude de pouvoir envoyer ses enfants à l’école, ni même de pouvoir sustenter son entourage !

Le commerce équitable : interview

Fleurance LaroppeInterview de Fleurance Laroppe, spécialiste de la question du commerce équitable, active dans la région de Sarrebruck (Allemagne) Fleurance Laroppe en Equateur © Fleurance Laroppe

Bonjour Mme Laroppe, comment en êtes-vous venue au commerce équitable ?

Il y a dix ans, à plusieurs associations « tiermondistes », nous avons fondé une Plateforme des ONG Nord-Sud de la Sarre. Au bout de trois ans, nos actions ne touchaient que les convaincus, et ce que je recherchais personnellement, c’était de sensibiliser la population, d’amener les gens à réfléchir sur les interdépendances Nord-Sud, et bien sûr à AGIR ! … Le CE (Commerce Equitable) y répondait à merveille !

Quand avez-vous commencé à vous engager pour cette cause ?

Dans le cadre d’une rencontre nationale d’ONGs Nord-Sud à Hambourg, j’ai découvert que dans le Nord de l’Allemagne, il y avait deux Campagnes du CE. Cela m’a tout de suite inspirée, et en rentrant à Saarbrücken, j’étais enthousiaste à l’idée de lancer une Campagne au niveau du Land de la Sarre ! C’était en 2001. Partant de « ground zéro », il a fallu tout, tout inventer : créer des formes d’actions, former une équipe, élaborer des dépliants, chercher des financements, etc.

Avez-vous senti une évolution depuis que vous avez commencé dans ce secteur ?

Il y a eu en gros trois phases : la première pour inventer, créer et tester. La deuxième pour élargir la palette des activités et des groupe-cibles… La troisième pour établir des coopérations avec d’autres groupes CE, mais aussi avec des institutions étrangères, par exemple avec le Jardin Botanique de l’Université, où nous proposons des Parcours-découverte de la Plante au Produit fini équitable, ou la Bibliothèque Municipale, oú nous organisons des petits déjeuners équitables.

Etes-vous optimiste face au développement du commerce équitable ?

La Campagne « Fairtrade Town » permet de s’infiltrer – si je puis dire – dans tous les secteurs de la société au niveau d’une Ville, et ainsi de faire passer le message tous azimuts. En fait, c’est cette stratégie que nous poursuivions depuis sept ans dans le cadre de notre Campagne « La Sarre s’engage pour le CE », et qui nous permet aujourd’hui de décrocher la timbale « Première Ville du CE en Allemagne ». Imaginer que ce mouvement FTT, à l’instar de la GB et de la Belgique, va prendre dans chaque ville aura comme heureuse conséquence de fortement dynamiser le CE.

Dans votre vie quotidienne, comment mettez-vous en pratique vos idées ?

Je me dope au café équitable pour me réveiller le matin, et au vin rouge équitable pour arroser un bon dîner ! Mais surtout, j’en parle énormément autour de moi. Si j’offre un cadeau, il y a 95% de chance qu’il vienne du CE !

Vous revenez tout juste d’un séjour en Amérique Latine où vous avez rencontré des petits producteurs travaillant pour le commerce équitable. Quelles sont vos impressions après 4 semaines d’observations et de rencontres ?

Difficile d’en faire une brève synthèse. Je vais donc choisir deux éléments particuliers. Le premier, c’est que tous mes interlocuteurs, producteurs ou organisations, m’ont posé la question de savoir si « LA CRISE » allait affecter le CE. J’ai tout simplement répondu que NON ! Pourquoi ? La marge aisée d’une population n’est pas victime de la crise, disons 20%. Ces personnes sont donc un potentiel qui n’est pas encore exploité, puisque pour le café, par exemple, seulement 1% de la population allemande boit actuellement du café CE ; 19% restent à conquérir, ou ne serait-ce même que 5% comme c’est le cas des Britanniques. Grâce à la Campagne « FTT », ces nouveaux potentiels vont être exploités. Le second élément, c’est d’avoir rencontré de remarquables leaders … des individus qui ont eu une vision, et qui ont fait des miracles en mettant en action leur idée. Segundo, un petit producteur de café était en 1994 désespéré face à la chute des cours du café. Il a pensé qu’il fallait s’organiser entre petits producteurs et chercher ensemble à exporter. Aujourd’hui, cette coopérative, née de son idée, compte 7000 petits producteurs qui profitent du CE. Edifiant !! Et ce n’est pas le seul exemple.

Merci et bon courage !

En savoir plus Références Actualités sur le commerce équitable La société de consommation face aux défis écologiques dossier d’Edwin Zaccaï et Isabelle Haynes pour « Les problèmes politiques et sociaux » de la Documentation Française Le commerce sera équitable, Tristan Lecomte, Ed. Eyrolles Le commerce équitable, Tristant Lecomte, Ed. Eyrolles Commerce équitable 20 réponses pour agir, Joaquim Munoz, Ed. Michalon Entre valeurs et croissance : Le commerce équitable en question, Sylvain Allemand, Ed. Les Carnets de l’info La consommation écologique : ne plus accrocher sa vie à un chariot ! Ezzedine El Mestiri, Ed. Jouvence La Plate-Forme pour le Commerce Équitable Artisans du Monde Commerce équitable, la garantie Fairtrade Max Havelaar Site national de la Quinzaine du commerce équitable Fairfriends Veja Ideo Le Laboratoire du Commerce Equitable Oser le marketing durable Alter-Eco Auteurs Emmanuelle Orvain Fanny Vuckovic Christophe Magdelaine, responsable du site ↑ Haut de page ↑  En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour établir des statistiques et personnaliser votre navigation. En savoir plusFermer notre-planete.info est un média web indépendant qui informe et sensibilise sur l’environnement, l’écologie, les sciences de la Terre, la nature et le développement durable Mentions légales  |   Qui sommes-nous ?  |   Presse  |   Publicité  |   Contact  |   Liens et logos  |   Partenaires  |

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